Le chanbara, combat de sabres


Le "Sport Chanbara" est un art martial permettant de simuler les combats de sabre. Développé en 1971 par Tanabe Tetsundo, enseignant de Kendo, il n'a été importé en France qu'en 1994 par quatre kendokas français.

Il consiste en des combats avec des armes blanches en matériaux flexibles (épées courtes, sabres à deux mains, lances, boucliers, etc.).

Souvent comparé au kendo, le chanbara en diffère de part sa liberté de mouvement, de pratique et ses nombreuses armes utilisables. L'action y est souvent spectaculaire, puisque la façon de combattre est totalement libre, à condition de respecter les règles du combat au sabre.

Ayant plus de 170 000 pratiquants au Japon, ce sport comptait en 2008 en France un peu plus de 1 000 licenciés. Plusieurs centaines de judokas le pratiquent également de façon non-officielle.

Equipement

Les armes étant quasiment inoffensives, les seules protections nécessaires sont un casque et des gants.

On y porte en général un kimono blanc sans manches et, sous la veste de ce kimono, un tee-shirt à manche longue et de couleur unie. Les pieds sont nus, sauf protection justifiée.

Les armes et les casques respectent de nombreuses normes de sécurité et ont reçu l'approbation de la commission Sport Chanbara. Voici le détail des armes utilisées :

  • Kodachi : sabre court (60 cm)
  • Choken : sabre long (100 cm) tenu à une ou deux mains
  • Tanto : bouclier, généralement combiné avec un kodachi
  • Nito : combat à deux lames, kodachi et choken combinés
  • Yari : lance (au-dessous de 210 cm)
  • Jhou : arme à 2 lames (au-dessous de 140 cm)
  • Bou : arme à 2 lames (au-dessous de 210cm)

Passage de grade

Les passages de grade ont lieu une fois par an, généralement en juin. Ils récompensent les élèves pour le travail et les progrès accomplis dans l'année.

Les élèves se présentent devant un jury composé d'enseignants de leur club et de hauts-gradés. Ils enchaînent exercices et combats libres afin de montrer tout ce qu'ils ont appris : attaques, parades, esquives, contre-attaques, gestion des distances, katas, etc. Après délibération, le jury leur attribue leur nouveau grade :
  • 6ème Kyu : ceinture blanche
  • 5ème Kyu : ceinture jaune
  • 4ème  Kyu : ceinture orange
  • 3ème Kyu : ceinture verte
  • 2ème Kyu : ceinture bleue
  • 1er Kyu : ceinture marron
Les niveaux supérieurs nécessitent le passage de DAN (ceintures noires). Ces examens ont lieu devant un jury national.

Fonctionnement des combats

Les combats sont très rapides et gagnés en une, voire deux coupes de sabre. Comme dans un véritable affrontement, l'objectif est de trancher l'adversaire (mais pour de faux, car sinon ça ferait désordre).

On se bat la plupart du temps en un contre un, même si certains exercices nous amènent à nous affronter en équipe. En tournoi, il existe des catégories d'armes par âge et par sexe.

Le saviez-vous ?
Le mot « Chanbara » est en fait une onomatopée japonaise qui exprime le bruit des sabres qui s'entrechoquent.
Il désigne les figurations de combat au sabre (dans les films japonais, au théâtre, dans les jeux d'enfants, etc.) par opposition aux combats réels.

Marie devra bientôt lutter pour sa vie par le sabre

La pratique du chanbara

L'usage d'armes inoffensives "matelassées" permet de vivre des combats très réalistes, ce qui rend la pratique du chanbara particulièrement jubilatoire.

Encore peu connu, ce sport insolite présente un cocktail aux multiples saveurs : la rigueur technique et les traditions des arts martiaux, un développement physique particulièrement équilibré (l'ensemble du corps est mobilisé), des sensations fortes, de nombreuses possibilité de stratégies, une communauté de sportifs très accessible et de francs moments de rigolade. Que vous soyez très "compétition" ou que vous pratiquiez "juste pour le plaisir", il y a de la place pour tous !

Les enfants pourront y exprimer à fond et en toute sécurité leur passion du combat et ainsi devenir, pour un temps, samouraï ou chevaliers. Les adolescents, parfois fans de manga et d'action, sont généralement intéressés par l'approche de la culture japonaise et le dynamisme du chanbara. Les adultes y trouvent une activité sportive très équilibrée et récréative : un bon moyen de lâcher, dans la bonne humeur, le stress et les fureurs d'une grosse journée de travail.

A noter le côté très social du chanbara où enfants, adolescents, hommes et femmes de tous âges se rencontrent à parts égales. II n'est pas rare de voir trois à quatre membres d'une même famille dans un même club. Une bonne façon de nouer (ou de renouer) des liens !

La voie du Samouraï vous appelle ?
N'hésitez pas : la plupart des clubs vous proposerons de participer à quelques cours d'essais. Vous verrez l'ambiance y est très sympathique, même si les premiers cours peuvent paraître assez physiques.